• TAHAR DJAOUT UN ÉCRIVAIN PÉRENNE, ESSAI DE RACHID MOKHTARI Cinq romans sous la loupe

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    L’EXPRESSION
    TAHAR DJAOUT UN ÉCRIVAIN PÉRENNE, ESSAI DE RACHID MOKHTARI
    Cinq romans sous la loupe
    08 Janvier 2011 - Page : 21
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    Ecrivain, mais aussi poète et journaliste algérien d’expression française, Tahar Djaout pensait à une Algérie résolument moderne sans se départir de l’héritage de ses aïeuls.

    Son écriture, sa pensée sont plus que d’actualité. Ses romans avant-gardistes et visionnaires lui ont valu d’être assassiné en 1993 faisant de lui l’un des premiers intellectuels victimes de la tragédie nationale en Algérie. Une tragédie qui n’en finit pas de disperser ses séquelles et d’en récolter les méfaits. Ecrivain, mais aussi poète et journaliste algérien d’expression française, Tahar Djaout pensait à une Algérie résolument moderne sans se départir de l’héritage de ses aïeuls. Penser son oeuvre c’est remettre au goût du jour ses idées, son combat, sa témérité.


    Tahar Djaout, un écrivain pérenne est un essai signé Rachid Mokhtari qui propose une relecture pertinente de l’oeuvre romanesque de Tahar Djaout composée de ses cinq romans écrits après ses recueils de poésie, à savoir L’exproprié (Sned 1981), Les chercheurs d’os (Seuil,1984), L’invention du désert (Seuil, 1987), Les rets de l’oiseleur (Enal, 1984), Les Vigiles (Seuil,1991) et enfin son roman publié à titre posthume Le dernier été de la raison (Seuil, 1999).

    Cette lecture se veut un espace de synthèse de travaux universitaires sur les différents aspects thématiques et esthétiques des romans de Tahar Djaout. Elle répond également au souci pédagogique et didactique d’une approche globale qui s’intéresse à la totalité de l’oeuvre romanesque de Tahar Djaout et non à l’un ou l’autre de ses romans, comme cela a été fait précédemment.
    Cette démarche synchronique n’occulte pas en revanche, une analyse interne d’un roman l’autre. Ces deux mouvements constituent la démarche de cet essai.


    Un précieux objet universitaire à saisir par les étudiants et qui sait, peut être que cela leur donnera l’envie de lire Djaout, même si pour bien pénétrer cet ouvrage, il aura fallu lire toute l’oeuvre de Djaout et non des bribes. Car Tahar Djaout, un écrivain pérenne s’attache à l’analyse du texte de Djaout en décortiquant le sens de ses phrases par extraits multiples finement abordés.

    Dans la préface de Tahar Djaout, un écrivain pérenne, signé Nabil Farès, ce dernier affirme que «donner à lire Tahar Djaout comme le fait dans ce livre Rachid Mokhtari peut paraître comme une sauvegarde fragile, indispensable contre les nuits de la terreur, de la création, de l’humain, de l’esprit.»
    Dans l’avant-propos, note-t-on «Les romans de Tahar Djaout forment un univers romanesque cohérent dans sa structure thématique avec ses invariations ou ses récurrences, l’histoire collectivité et l’histoire individuelle libérée, le territoire de l’enfance et l’omniprésence des oiseaux qui symbolisent le mouvement si cher à l’auteur».

    A propos de son écriture novatrice et détentrice d’un savoir inhérent à la narration d’un récit qui se veut âpre dénonciateur au coeur de l’actualité d’un pays, au-delà du reportage, il est écrit à la page 21: «Dans l’oeuvre romanesque de Tahar Djaout, cette mémoire n’est pas un espace-temps sécurisant, un héritage sédimenté et rassurant. Son écriture en est une complète déroute, une perpétuelle interrogation sur la création d’un nouveau langage littéraire qui brouille les pistes, efface les traces et déboussole les repères d’un ordre familier pour défricher de nouveaux territoires de sens.»

    A propos de ces trois romans (Les chercheurs d’os, Les vigiles et L’invention du désert Ndlr), Rachid Mokhtari explique à la page 139 que l’auteur «Tahar Djaout, par son écriture impliquée, décrit la réalité de la société par une hétérogénéité de discours (religieux, politique, social).

    Il s’emploie, par la technique du télescopage, à relever, par la subversion du signe et l’ironie, les dysfonctionnements de la société algérienne en fouillant le passé le plus lointain et l’histoire contemporaine».

    Et de poursuivre à la page 140: «Ces romans mêlent la chronique des faits historiques et politiques et l’imaginaire, le subjectif du monde intérieur du narrateur.»
    Tahar Djaout ne fait pas usage de commentaires, souligne Rachid Mokhtari car dit-il «la description d’une vérité est plus forte que tous les commentaires que l’on peut en faire».

    En somme, Tahar Djaout, un écrivain pérenne, sorti aux éditions Chihab, essai de 244 pages, mérite qu’on s’y attarde si l’ont veut bien sonder le mécanisme d’écriture de Tahar Djaout et comprendre son discours littéraire, engagé et militant. Son prix: 450 DA.

    O. HIND


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